Présentation

 Je travaille avec la photographie et la vidéo.
Je suis un ‘self média’.
Je cherche à figurer la présence de l’homme dans une société contemporaine mondialisée, et dans laquelle l’individu, plus que jamais exposé à des flux continus d’images et d’informations, est confronté à la difficulté de trouver sa place, son rôle, son histoire.
Ma position de ‘self media’ est une réaction à ce «trop de réalité» propre à notre environnement culturel contemporain.
Réaliser mes propres images est un moyen de me réapproprier, d’interroger et de prendre position sur ces mécanismes de représentation. Construire une vision critique et humaniste, faire du poétique le lieu du politique. Cela me semble être une nécessité entant qu’artiste préoccupé par la difficulté de faire histoire de notre présent, par la difficulté de représenter la relation actuelle entre les individus et leurs être au monde, leurs contemporanéité.
Ma démarche s’ancre dans la volonté d’interroger ce qui fait le commun de notre communauté.
Je me sens proche de ce qu’Allan Sekula appelle le réalisme critique en photographie.
La pratique du cadrage en photographie et en vidéo, me permet de mettre en rapport dans la même images, des signes, des gens, des objets, afin de questionner ce qui les unit, et ce qui les sépare.
J’aime faire intervenir des décalages, des rapports de force, des attractions particulières entres les divers signes présents dans mes images, mais aussi entre divers régimes d’images au sein d’une même représentation.
Cette confrontation est pour moi l’expression même de notre époque présente, de l’historicité propre à l’ère contemporaine, là ou le multiple et l’hétérogène ont pris le pas sur une vision linéaire et homogène d’un projet historique et culturel commun.
C’est ainsi que je conçois la pratique du cadrage comme une première opération de montage.
Venant d’une pratique traditionnelle de la ‘street- photography,’ j’en suis venu progressivement à faire disparaître les localisations pour laisser place à une vision à la fois synthétique et parcellaire de l’espace social.
Ce qui m’intéresse c’est d’aller à la rencontre de situations ordinaires, comme l’on peut en trouver partout sur terre, afin d’y produire des images symptomatiques, ou s’exprime ce qu’il y a de politique, de collectif, d’universelle, dans des situations parcellaires, et en marges des évènements.